| The
Resistance
Ah, le relativisme
politique... voilà que The Resistance est ami du
Vichy Government! Même ville, Cambridge, et des concerts communs.
La
comparaison s'arrête là ; pas de paroles provocantes
ou de synthés cheap,
The Resistance oeuvre dans l'ombre, produisant des instrumentaux
enivrant, influencés par Autechre, peut-être, mais
plus sûrement par Neu!.
Hawaii n'a plus rien à voir avec l'image d'Epinal exotique...
La plage
parait interminable, certes, mais les cocotiers sont gris, les guitares
saturées manquent de noyer le sample vocal dans une tornade
de
saturation... Le rythme ne se soucie de rien, et il pilonne, inlassablement.
Magnifique.
Les titres des morceaux évoquent l'humour de Suicide... 90
Seconds Over
Nanterre ou Sous Le Dancefloor, La Plage rappelle cette mythologie
soixante-huitarde moisie qu'on nous revend aujourd'hui... Ce dernier
est
plus apaisé. Mais si plage il y a, il va d'abord falloir
vider le
dancefloor des dizaines de kétaminés qui s'agitent
nonchalement à l'écoute de
ce morceau hypnotique et lancinant. C'est tout simplement
époustouflant. Quant à 90 Seconds..., on pense au
Primal Scream de Kowalski, et on
se dit que même Death In Vegas a du souci à se faire.
Malheureusement,
elle est peut-être un poil trop courte, et n'a pas la force
de frappe de
Sous le Dancefloor, qui reste pour l'instant le titre le plus abouti.
Et puisque la guerre est totale, The Resistance s'attaque au Velvet,
reprenant Stephanie Says, dans une version, euh... comment dire?
Disons
que les voix sont éthérées et méconnaissables,
les cordes aériennes, on
pourrait presque la faire écouter au gosse pour qu'il s'endorme!
Voilà, ce ne sont que cinq titres, mais ils préfigurent
d'un grand
groupe en devenir. J'espère qu'on y reviendra plus longuement. |